Poudre blanche

Comme je le disais précédemment, nous sommes en train de passer au Faux lait. Quand je dis Faux lait, certaines personnes paraissent me regardent avec un regard d’incompréhension.

Eux : « Faux lait? »

Moi : « Oui, le lait en poudre, quoi »

Eux : « Ahhh! »

Comme si le lait en poudre pouvait être du vrai lait…le lait, ça vient d’une vache (ou d’une chèvre) et c’est liquide. Ca ne sort pas en poudre d’une boîte. Et au cas où vous douteriez encore, il suffit de regarder tout ce que contient du lait  en poudre pour se dire que ce n’est pas naturel…

Bref. Nous sommes donc en train de sevrer notre petit bout qui n’est d’ailleurs plus si petit que ça. A presque 2 mois, Monsieur pèse 4.5Kg. A raison de 500g par semaine, notre petit bout va se transformer en gros bout assez rapidement. Et j’ai bien peur que l’ascension quotidienne de mes trois étages avec le petit bout sous le bras devienne un vrai challenge…

Arrêter l’allaitement a donc ses avantages. Cependant, il faut quand même être honnête, la nuit, la solution du Faux lait n’est pas des plus pratique. Premièrement, il faut s’extirper de son lit à une heure indécente. Après, il faut se traîner jusqu’à la cuisine les yeux mi-clos sans se cogner le mollet dans l’angle de la table basse ni se prendre le petit doigt de pied dans le pied du canapé. Pour finir,  il faut préparer le biberon (Bon, j’en fais le maximum la veille : stérilisation du biberon, préparation de la quantité de lait) et refaire le chemin inverse jusqu’à la chambre le plus vite possible. Car pendant ce temps, le petit bout hurle à la mort comme s’il n’avait pas mangé depuis 3 jours (alors qu’en général ça ne fait pas plus de 5h), Gros Bout s’est caché sous la couette pour sauver son tympan toujours intact, se demandant quelle idée saugrenue lui a pris de faire un enfant.

Alors qu’avec l’allaitement, on attrape Petit Bout au vol, on le colle sur son sein et hop, le tour est joué : le calme revient en à peu près 30 secondes.

Pour la journée en revanche, le biberon reste bien pratique. Même s’il faut ajouter un article supplémentaire au sac d’expédition, il est quand même plus facile de dégainer un biberon qu’un nichon…et on a bien moins froid au ventre l’hiver.

Mais l’avantage ultime, c’est le partage des tâches…parce que Gros Bout peut aider !

The Breastfeeding Conspiracy

En Angleterre, le breastfeeding (allaitement), c’est un peu l’étape obligée si vous voulez faire partie du clan des ‘bonnes mamans’. Si vous n’allaitez pas votre enfant, on vous fait vite comprendre que vous êtes une mauvaise mère ou que vous n’êtes pas normale.

Ici donc, on vous recommande prone donc l’allaitement pendant au moins 6 mois, voire 2 ans, en complément d’une alimentation solide. Tout cela est bien évidemment soutenu par toutes sortes d’organisations, allant du National Child Trust à l’Unicef, à renfort de multiples leaflets en tous genres. On vous martèle donc le crâne pendant la grossesse, à la maternité et après l’accouchement pendant les rendez-vous avec les sage-femmes, les health visitors et le généraliste.

En sortant de la maternité, nous avons osé poser la question interdite:

Nous : ‘Et si on n’arrive pas à allaiter, quel lait faut-il prendre, et combien faut-il en donner?’

La sage-femme (avec un regard incrédule) : ‘Mais enfin Messieurs Dames, il n’y a pas de raison que vous ne puissiez pas allaiter!’ (surtout Monsieur). ‘Tout se passera très bien! Bon retour chez vous!’

Nous voilà donc bien avancés…

On ne va pas se mentir, au début, allaiter, ça peut être un peu fastidieux. Il faut trouver la bonne position, il faut que le bébé apprenne à téter, et surtout, il faut avoir une paire de tétons de rechange. Parce que même si ‘ça ne fait pas mal’ (d’après les sage-femmes toujours), et bien les deux premiers jours, c’est un peu comme si on vous passait une râpe à gruyère sur les tétons…Mais heureusement, après ces premiers désagréments, tout revient à la normale. Et si vous avez un doute vous pouvez toujours appeler le Breast Feeding Support à la rescousse, qui vous envoie une sage-femme à domicile dans la journée pour vous ré-expliquer un peu les techniques et vous guider en live pendant la tétée (gratuitement qui plus est). Si c’est pas du service ça…

Bref, l’allaitement parait donc être la solution idéale. C’est bon pour la santé de bébé (plein d’anticorps) et de maman (réduit le risque de cancer des ovaires et du sein), c’est bon pour la ligne (permet de brûler 500 calories quotidiennes, mieux qu’un cours d’aérobic), c’est économique (pas besoin d’acheter du lait et de dilapider l’aide de l’état hebdomadaire) et c’est pratique (pas de biberon, pas de stérilisateur, c’est prêt instantanément…on se transforme en véritable station-service).

C’est tellement bien qu’en Angleterre, vous avez même des restaurants et des cafés Brestfeeding friendly…c’est marqué sur la porte.

Toutefois, vient un moment où on a envie de passer à autre chose. Quand monsieur met une heure à être repu bras ballants, quand vous en avez assez d’être pleine de lait parce que Monsieur boit trop vitre et vous recrache tout dessus en mangeant, quand Monsieur prend un malin plaisir à vous mordre le téton (les gencives, ça peut paraitre inofensif, mais en fait, c’est une arme), quand vous voulez boire plus d’un verre de bon vin pendant une soirée, quand vous vous dites que vous en avez assez de faire prendre l’air à vos seins toutes les 3 heures. C’est à ce moment selon moi qu’il faut passer au lait en boîte. Cependant, aucune véritable information ici sur quoi acheter, combien donner et à quelle fréquence.

Allez, on est fou, on prend des risques, on passe au lait en boîte cette semaine. On espère que personne ne nous dénoncera aux agents secrets du Breast Feeding Support…

Mode bébé

Comme vous pouvez vous en douter, un bébé ça change la vie…ça change aussi votre façon de vous habiller.

Tout d’abord, si vous allaitez, il vous faut des vêtements et sous-vêtements qui vous laissent la possibilité de dégainer vos seins en 4ème vitesse, histoire de couper court aux hurlements stridents. Les hurlements sont trop nombreux pour qu’on laisse s’installer plus que nécessaire ceux auxquels on peut remédier facilement.

Les sous-vêtements sont particulierement sexy tant par leur forme que par leur couleur.

 

Bon j’exagère, certains font quand même des efforts en proposant de la dentelle (heureusement, Mamas and Papas est là). Pour une fois qu’on a des seins dignes de ce nom, on voudrait quand même bien en profiter pour les mettre en avant!

Les hauts de maternité sont à peu près aussi sexy que les sous-vêtements ci-dessus.

Les chemises sont idéales, mais en plein hiver, on a comme qui dirait un peu froid. Inutile de vous dire que les cols roulés sont à banir si vous ne voulez pas ressembler à un bibendum engoncé dans une couverture pendant la tétée  et si vous voulez réussir à remettre votre soutien-gorge en place après. J’ai donc opté pour les débardeurs et les pulls en V. Pas l’idéal, mais ça marche, même si on a un peu froid au ventre pendant un quart d’heure.

Pour ce qui est des accessoires, un changement s’impose ici aussi.

Tout d’abord, le sac à main. Toute sortie en poussette seule avec un bébé proscrit l’utilisation du sac à main porté à l’épaule ou au poignet. En effet, impossible de monter la poussette, de se baisser pour vérifier que le petit bout va bien sans qu’il tombe et vous gène (le sac, pas le petit bout bien sûr). La solution : le sac en bandoulière ou la besace (pour mettre vos seins en valeur) ou le sac à dos (encore une fois si sexy). Je refuse de mentionner la banane des années 80. Le mieux est donc finalement de prendre un sac tout à fait quelconque que vous acrochez à la poussette et de laisser votre sac à main à la maison. De toutes façons, les couches, lingettes, langes et vêtements de rechange ne rentrent pas dans une besace digne de ce nom…

Les colliers. A proscrire également si vous ne voulez pas mourir étranglée par votre bébé que vous êtes en train de consoler ou de nourir si gentiment et qui prend un malin plaisir à tirer sur votre chaine de toutes ses forces.

En revanche, le fait d’avoir un bébé vous permet d’ajouter un accessoire à votre collection. Il se porte en général sur l’épaule ou coincé dans la poche de son pantalon. Déclinable en plusieurs couleurs et pour un prix tout à fait abordable, autant en acheter une dizaine dès le départ. Vous ne sortirez plus sans lui. J’ai nommé le lange, qui porte le nom beaucoup plus ‘fashion’ de muslin square (carré de mousseline) en Anglais.