La Poussette, cette amie qui vous veut du mal

Etre Maman, c’est dangereux. Et oui. Il faut bien l’admettre. En plus des projection de pipi lors du change, des attaques aux bisous avec les dents, des tours de reins en raison de portage intense, de maux de crâne pour cause de niveau de décibel anormalement élévé, il faut aussi avoir un permis poussette pour survivre à ce métier à temps complet (oui, même si on travaille, on pense toujours à ses bambins, ce qui fait donc du métier de maman un travail à temps complet.)

Je passe sur l’épisode du Bus. Je passe sur les gens désagréables qui refusent de vous laisser passer malgré vos zig zag frénétiques (mais toujours contrôlés bien sûrs) histoire d’éviter de poireauter 10 minutes par -5°C pour attendre le petit bonhomme vert (celui qui vous permet de traverser en toute sécurité, pas celui qui viendrait d’une galaxie lointaine, on est bien d’accord). Je passe sur les insultes.

Revenons à nos moutons… Il y a de ça quelques jours, j’ai eu un accident de poussette. Un vrai. Un vrai qui fait mal.

Londres n’est pas connu pour ses trottoirs plats ou ses chaussées en bon état. Quitte on a droit à un bateau à chaque fin de trottoir pour traverser plus facilement avec une poussette (ou un fauteuil roulant d’ailleurs). Quitte, il y a parfois des nids de poule gros albatros juste derrière.

Et bien cette fois, le nid d’albatros, je l’ai pas vu figurez-vous. Je l’ai tellement pas vu que filant telle le vent avec ma poussette pour rentrer Petit Bout au chaud, Et bien la roue avant est restée dans le nid d’albatros. Et quand la roue avant de la poussette se bloque dans un trou et que vous continuez à pousser la poussette, et bien ça fait mal.

Déjà, ça fout un gros coup au coeur, parce que vous voyez la poussette qui commence à se retourner et là vous imaginez votre petit bout prendre sont envol… Donc vous avez peur, vous vous accrochez de plus belle à la poignée et vous réussissez à ramener les roues arrière de la poussette au sol. Ouf.

Une nanoseconde après vous être remise de vos émotions, vous avez une violente douleur dans les tibias : en vous raccrochant à la poignée pour stabiliser la poussette (et sauver votre petit bout) vous vous êtes mis un bon gros coup de poussette (la barre où il y a le frein) dans les tibias. J’ai failli pleurer tellement j’avais mal dîtes donc. Un peu comme quand on se coince le petit doigt de pied dans le chambranle de la porte, quand on marche sur un tout petit légo ou quand on se prend un ballon dans le nez (mais d’où vient ce flash back de mes années collège???).

Bref, malgré la prise d’Arnica en homéopathie au retour de la ballade, je dois déplorer 2 énormes bosses bleues sur chaque tibia (je vous épargne les photos).

Mais surtout, moi qui me demandais souvent à quoi ça servait d’attacher solidement Petit Bout dans sa poussette, et bien mainteant, je le sais. C’est pour prévenir des accidents de poussette!

Satanés chauffeurs de bus

En ce début d’année, je voudrai pousser un petit coup de gueule contre les chauffeurs de bus londoniens.

Les chauffeurs de bus londoniens sont majoritairement d’un désagréable et d’une bêtise hors du commun. Pour le commun des mortels, déjà, on a beau courir pour attrapper le bus à l’arrêt, il a beau vous voir, il se fait toujours un malin plaisir de vous fermer la porte au nez pour que vous puissiez vous geler 15 minutes histoire d’attendre le bus suivant. Le feu est pourtant rouge, il ne pourra pas aller plus vite. Mais bon. Ca doit les amuser. Ils ont peut être un concours entre chaffeurs pour savoir combien ils ont réussi à refuser de passager sur la journée.

Voilà pour le commun des mortels. Bon, très honnêtement, c’est pas non plus très grave. On s’en remet. Mais pour les  mamans / papas avec poussette, ils vont encore plus loin… je m’explique.

1. Une fois encore, le chauffeur de bus londonien a un oeil de lynx. Malgré tout, il prend un malin plaisir à ne jamais s’arrêter là où vous l’attendez (en général au poteau de l’arrêt de bus, en toute logique) : 10 mètres derrière, 5 mètres devant… Bref, à vous de vous re-déplacer, de zigzagger entre les personnes qui attendent un autre bus, et de bien galérer une fois dans le bus pour accéder à l' »espace poussette » puisque tout le monde est passé devant vous et que donc tout le monde est dans le couloir.

2. Le chaufeur de bus londonien prend également un malin plaisir à placer soit la porte avant soit la porte arrière du bus juste devant LA poubelle de la rue. Toujours plus pratique avec une poussette. La dernière fois, je ne pouvais même pas sortir. Le chauffeur ne voulait ni avancer ni reculer. Heureusement, de bonnes âmes se sont proposées pour m’aider à sortir, maudissant le chauffeur à leur tour.

3. Certaines, fois les gentils chauffeurs vous autorisent à monter par la porte arrière (ils sont rares, mais ils existent et je les bénis à chaque fois de sourires et de « Thank you so much » à foisons). Mais attention. Une fois, j’ai bravé l’interdit. Je suis montée par la porte arrière sans vérifier avec le chauffeur que c’était bon. Bien mal m’en a pris. Quand je suis allée valider mon ticket, cette charmante dame chauffeur m’a dit de son ton le plus désagréble : « La prochaine fois que vous montez par la porte arrière, je vous la ferme dessus ». Texto. Et oui. On arrive quand même à un degré de bêtise effarant. Non mais sérieusement, qui peut bien vouloir fermer la porte d’un bus sur une poussette avec un petit bébé ???

Bref, tout ça pour dire que les transports londoniens en poussette c’est funky. Donc pour les novices, je conseille le porte bébé / écharpe de portage, ou la marche à pied!

Choisir une poussette

Le temps de la poussette canne est révolu mes amis…Il semblait simple de choisir une poussette « dans le temps »: on avait le choix entre les landaus et les poussettes cannes. Après, c’était une question de coloris et de marque. Aujourd’hui, il faut un Bac+5 pour choisir une poussette (ça tombe bien j’en ai un)…

On vous dit dans tous les guides d’achat (le simple fait qu’il y ait un guide d’achat pour les poussettes prouve bien que ce n’est pas à la portée de tout le monde et qu’un minimum d’étude et de réflexion sont nécessaires…) qu’il faut que la poussette que vous choisirez  s’adapte à votre mode de vie. Vous êtes sportifs: il vous faut une poussette tout terrain à trois roues. Vous êtes citadin: il vous faut une poussette compacte, facile à manoeuvrer et à engouffrer dans les transports en commun. En revanche, si vous êtes citadin et sportif, c’est un problème…C’est pas vraiment le « sportif » qui nous gênait…en revanche, à Londres, il y a pas mal de parcs, donc il faut une poussette à grosses roues pour pouvoir rouler dans l’herbe…Mission : trouver une poussette compacte à grosses roues.

Après, vous avez le choix entre différents types de « Pushchairs » (nom générique pour « poussette ») aux noms tous plus barbares les uns que que les autres:

1. les « 3 wheelers » (poussettes à trois roues) : pour une plus grande manoeuvrabilité. Idéal pour les sportifs, les ballades dans la forêt ou à la plage.

2. les « 2-in-1 prams » : grosso modo, poussette avec option landau. Pour une utilisation dès la naissance.

3. les « 3-in-1’s » : grosso modo, poussette avec option landau et possibilité d’ajouter un siège voiture. Pour une utilisation dès la naissance.

4. les « travel systems » : poussette qui permet d’ajouter un siège voiture. A noter que les travel systems peuvent aussi faire partie des catégories « 2-in-1 prams » et « 3-in-1’s ».

5. les « strollers » / « buggies » : poussettes légères et compactes. Grosso modo l’équivalent des poussettes-canne de l’époque. Conseillées pour les vacances (oui, oui), et déconseillées pour une utilisation dès la naissance. Cool, ça fait une catégorie de moins.

6. les « twins » / « tandems » / « tripples » : pour plus de d’un enfant. Ca, ce n’est pas pour nous non plus jusqu’à preuve du contraire, donc je ne rentrerai pas dans les détails ici.

Nous avions donc le choix entre les 4 premières catégories, la dernière étant incluse dans les catégories 2 et 3 pour ceux qui suivent. Mais attention, ça ne s’arrête pas là, Messieurs Dames. Il y a encore pas mal de spécificités à prendre en compte pour chaque catégorie / modèle !

1. Le siège ajustable réversible

Pour que le bébé fasse face au conducteur ou face à la route.

Question : est-ce qu’un siège réversible, c’est vraiment utile ?

Réponse logique (celle des parents-to-be) : Bof, mais ça a l’air mieux quand même, histoire de les surveiller quand ils sont vraiment petits ou de leur parler quand ils sont plus grands.

Bonne réponse : attention, les psychologues pour enfant disent qu’il peut être trèèèèèès mauvais pour les enfants de faire face à la route quand ils sont petits : ça leur fait peur. Après, comme disent les vendeurs, ‘c’est comme vous voulez Messieurs Dames.’ C’est bien connu, ça fait toujours bien de dire ‘Ouh moi, la psychologie vous savez, c’est comme les anniversaires, j’y crois pas…’ et de passer pour des parents indignes.

Conclusion : On va prendre un siège réversible alors.

2. Le Car Seat (Siège voiture)

Les Travel Systems,  2-in-1 prams ou 3-in-1’s permettent de substituer un Car Seat au siège normal.

Question : Faut-il un Car Seat?

Réponse logique (celle des Parents-to-be) : ‘Facile ! Pas de voiture, pas de Car Seat.’

Bonne réponse : Car Seat. Parce qu’on ne vous laisse pas sortir de la maternité si vous n’en avez pas (oui, même si vous n’avez pas de voiture, et même si vous rentrez en bus …bien évidemment, on serait rentrés en taxi, mais on croyait pouvoir les berner avec le coup du bus… Inutile, ça ne marche pas). Bon, pour info, certaines compagnies de taxi peuvent vous louer un Car Seat quand vous sortez de la maternité. Vous avez aussi la solution du ‘J’appelle un ami’ mais qui reste peu pratique vu que vous ne savez pas vraiment quand vous allez avoir besoin du Car Seat…’Euh ce serait pour une journée entre le 25 Novembre et le 20 Décembre, vous en aurez besoin à ce moment là?’.

Conclusion : Il  nous faut une poussette avec un Car Seat.

3. Le Carrycot (landau)

Les Travel Systems,  2-in-1 prams ou 3-in-1’s vous permettent de substituer un Carrycot au siège normal.

Question : Faut-il un Carrycot?

Réponse logique (celle des Parents-to-be) : ‘Oulah! Un Carrycot, c’est confort, mais bon, ca prend 2m² et ça ne dure que 6 mois…Qu’est-ce qu’on va en faire après? En plus on nous a déjà prêté un couffin…Allez, pas de Carrycot.’

Bonne réponse : la notre pouvait passer (ouf). Bon ce n’est pas l’idéal, parce qu’un siège ajustable qui se met à plat, c’est pas aussi bien…mais bon…Oui, Monsieur le vendeur on veut ce qu’il y a de mieux pour notre enfant (no pressure), mais quand même…

4. Les accessoires.

Différents modèles, différents accessoires inclus ou disponibles : protection anti-pluie, parasol, sac à langer, foot muff / cosy toes (d’après ma maman, ça s’appelle une chancelière en français dans le texte. On met les enfants dedans pour qu’ils aient chaud l’hiver), capote, protection anti-insectes, porte-gobelet…Bref, tout ça, c’est vraiment très subjectif.

5. Le pliage / rangement de la poussette

Peut être la chose la plus importante finalement. Pour nous la poussette devait être facile à plier et ne pas prendre trop de place une fois pliée. Il fallait aussi qu’il soit facile pour moi de monter / descendre le bébé du 3éme étage et de le mettre dans sa poussette sans trop d’encombres.

Une seule solution : essayer les poussettes en magasin. Et là, on se sent vite ridicule. Un peu comme devant une notice de montage Ikea. Sauf qu’en général, on est seul devant une notice de montage Ikea. Là, tout le monde vous regarde : les autres parents-to-be (deux categories : les experts qui sont déjà venus 4 fois et qui ne savent toujours pas quel modèle acheter / les ‘comme-vous’ qui espèrent que vous allez réussir à plier votre poussette pour faire la même chose sans demander l’aide d’un vendeur) et les vendeurs (les hommes/femmes de savoir). Chaque marque a un système de fermeture particulier, allant du simple bouton à pousser au piston à air comprimé. 

Petit conseil : demandez directement à un vendeur, c’est le plus simple et ça vous  évitera énervement, ridicule et tour de rein inutile.

Autre conseil pour les futures mamans : oubliez votre sac a main. Je n’ai pas encore réussi à plier une poussette sans qu’il tombe. Egalement, essayez de faire cet exercice quand votre ventre n’est pas trop proéminent. Nous nous y sommes pris un peu au dernier moment, et très honnêtement, un gros ventre n’est pas l’idéal pour essayer ce genre de choses (surtout si en plus vous avez pris votre sac à main).

6. Le panier 

Autre élément à prendre en considération, la taille du panier sous la poussette et sa facilité d’accès.

Certains modèles proposent des paniers qui font toute la surface de la poussette (en général ce qu’on recherche), d’autres, des micro-paniers ridicules qui ne peuvent contenir que la protection anti-pluie (soyons honnête, elle sera toujours dans mon panier)…L’avantage de la poussette étant aussi de pouvoir faire quelques courses (utiles ou non, là n’est pas la question), pourquoi proposer des poussettes à micro-panier ?

7. La pression sociale

A Londres, vous n’êtes pas branché si vous n’avez pas une Bugaboo. Dans notre quartier, 9 poussettes sur 10 sont des Bugaboo. Elles sont très sympa et compactes, et se déclinent dans toutes les couleurs. Mais à un prix prohibitif, surtout pour la qualité perçue et la simplicité d’utilisation. Nous avons donc résisté et avons rayé la Bugaboo de notre liste assez tôt dans le process de sélection.

Le process de sélection pour nous aura duré 3 semaines. Etude Internet (sites marchands, guides d’achats, forums), interview des amis/collègues et étude in situ : 3 visites en moyenne dans chacun des magasins pour enfants londoniens, à savoir Mamas and Papas et Mothercare. Evidemment, comme ils sont concurrents, ils ne vendent pas du tout les mêmes modèles. Histoire que vous hésitiez entre deux modèles répartis dans les deux magasins (comme nous), vous avez gagné la chance de vous rendre dans chacun des magasins le samedi (quand il n’y a personne, c’est bien connu), le chemin le plus court pour aller de l’un à l’autre étant Oxford Street, la rue la plus passante de Londres le week-end (l’équivalent du boulevard Haussmann à Noël pour ceux qui ne connaîtraient pas). Un vrai bonheur pour les gens comme nous qui adorent la foule.

Après avoir longuement hésité entre la Urbo et la Silvercross Surf, nous avons finalement opté pour la Sola version noire de chez Mamas and Papas avec un Car Seat qui trône dans notre salon fièrement depuis deux semaines.